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06/10/2008

REFLEXIONS SUR LA CRISE ACTUELLE

krach.jpgLIBERAL, ANTICAPITALISTE et HUMANISTE...

Disons le de suite, oui, il s'agit d'une crise grave et comparable à celle de 1929 dont l'économie gardera plusieurs séquelles et ce pendant plusieurs années.

Les similitudes sont nombreuses et sans être exhaustif, nous pouvons parler de la source géographique, encore une fois les Etats-Unis; des symptômes, encore une fois une implosion de la bulle financière et du système bancaire; et des conséquences sur l'économie réelle qui semble s'orienter vers une récession économique.

Tout d'abord plusieurs remarques:

1- Cette crise n'est pas gérée par nos politiques comme celle de 1929,
2- Ce n'est pas une crise du modèle libéral mais du capitalisme comme on l'a laissé se fourvoyer depuis de nombreuses années,
3- Si l'économie connait des fluctuations cycliques, c'est que lorsque l'on arrive à certaines limites d'une surévaluation de la sphère financière par rapport à l'économie réelle: La bulle se dégonfle et le système se purge.

En 29, les conséquences sociales de la crise ont été très grave avec tous les effets induits par une certaine inaction (ou panique) des politiques de l'époque. Aujourd'hui, c'est tout différent, les dirigeants du monde occidental prennent le taureau par les cornes et interviennent pour réamorcer le système et le "réguler".
Je continue de penser que nous ne vivons pas dans un monde libéral mais un monde ultracapitaliste que les élites protègent. Pas un monde libéral car, si l'on se réfère aux travaux des théoriciens libéraux, le marché doit être effectivement la pierre angulaire du fonctionnement du système, car c'est lui qui détermine les grands équilibres MAIS la puissance publique, au travers de ses missions régaliennes, doit réguler en évitant impérativement tout concentrationnisme qui mène à des situations de monopole ou collusion entre groupes ce qui revient au même.

Au contraire, l'Etat a négligé voire abandonné ses fonctions régaliennes (sécurité, régulation des marchés...), il a même perdu la fonction de battre monnaie puisque c'est maintenant une entité indépendante des Etats qui définit les taux d'intérêts. C'est pourquoi je maintiens que ce n'est pas une crise du modèle libéral.

Le Général de Gaulle voulait un Etat fort et il avait raison. J'ajouterais un Etat fort qui assumerait ses fonctions régaliennes, chargé du respect des règles du jeu, chargé de faire que la liberté de réussir, l'égalité des chances, que la fraternité dans les épreuves collectives soient assurées, chargé d'offrir et de permettre des perspectives d'avenir humaines pour tout un chacun. Dans cette mission de police l'Etat a aussi négligé l'aspect environnemental du développement de nos sociétés alors qu'il aurait du agir dès l'origine en protecteur des générations futures.

Nous subissons le capitalisme que l'on peut définir comme la théorie de l'accroissement perpétuel des richesses qui ne peut qu'induire, à terme, des situations monopoliste.. Cette situation d'une société qui tendrait vers toujours plus de concentration est un facteur d'asservissement de l'être humain, car la majorité des êtres devient proie au sens où, l'Homme n'a plus le choix, n'est plus libre de son avenir, n'est plus libre de sa condition, n'est plus libre de réussir...

Je reviendrais sur tout cela dans de prochaines notes, et notamment ce que doit-être la place des services publics et leur définition dans une société moderne et humaine.

En tous les cas, c'est pourquoi je me définis comme:

Résolument Libéral,
Résolument Anticapitaliste,
Résolument Humanisme.


Gilles PHOCAS

Commentaires

Monsieur. je crois reconnaitre en cet article une plume quin'est pas la votre. Mais je vais me permettre de reagir malgré tout.
Comment diable osez-vous soutenir que vous demeurez libéral et anticapitaliste. De quel esprit ignare croyez-vous espérer un quelconque accord avec cette thèse ridicule. je rappelle que l'inventeur des théories libérales et capitalistes s'appelle M Adam Smith. Celui-ci vécut au XVIIIe siècle et a inventé le concept de capitalisme justement parce que, pour, lui, l'état devait laisser LIBRE le marché et l'économie de toutes entraves légales. Plus tard on a pronocé dans le clan des libéraux, bête immonde dont toutes les têtes commencent à joncher les cimetierres de millions d'hommes et de femmes bernés et ruinés par ce système, l' expression de laissez faire, laissez passer", le marché doit s'autogérer. Est-ce de cela dont vous osez nous parler? Le marché s'autogère oui mais de la pire des façon.
Résumons : capitalisme et libéralisme sont stricto sensu le même concept et le marché ne se gère pas tout seul, il faut que la politique reprenne le pas sur l'économie. L'homme n'est pas l'esclave d'une quelconque monnaie. Jamais! Allez donc, vous, vos camarades de l'UMP ou même du PS, qui avec madame Royal est à droite, vivre sur un tas d'immondices issue de la consommation de masse et sur lequel crèvent des gamins africains ou asiatiques...

Écrit par : louis de noailles | 09/11/2008

M. DE NOAILLES

Non seulement vous réagissez sur une note que vous n'avez manifestement pas lue et qui explique la position de M. PHOCAS mais de plus vous ne connaissez rien, ou avez oublié les bases des théories néo-libérales et notamment le fait que l'Etat doit garantir le jeu libre du marché en INTERDISANT les monopoles et les ententes illicites entre producteurs.
L'Etat est d'ailleurs très présent dans les théories libérales et doit assumer ses fonctions régaliennes de sécurité, de défense de la propriété privée, de défense etc...

Vous voyez bien qu'il s'agit de tout autre chose que le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.

En ce qui concerne le reste de votre post, je reconnait en vous l'intégrisme de celui qui s'énerve au fur et à mesure qu'il écrit et fini par une phrase diffamante et grossière.

Il est vrai que le modèle que vous défendez a les mains propres...

Écrit par : Adam SMITH (contacté par guéridon) | 09/11/2008

Cher monsieur.

Il est évident, et je reconnais mon erreur, que votre illustre homonyme avait confié à l'état le fait de garantir la libre concurrence entre les acteurs du libéralisme et qu'il était aussi là pour garantir la propriété privée et le bien-être des nations. Et j'aurais dû faire remaquer dans mon précédent billet, combien les théories néo-libérales, ou autrement dit le capitalisme sauvage ou de prédation, avait dénaturé les théories d'Adam Smith, et que, si libéralisme et capitalisme sont une seule et même chose, le néo-libéralisme est le pire des système auquel toutes les économies tendent.
Vous prenez comme exemple le général et j'en suis fort aise. Car voyez-vous, monsieur l'homonyme, le général de Gaulle haissait le milieu de la banque et des affaires, en élève des écoles chrétiennes-démocrates, et ne supportait pas du tout le capitalisme. C'est pour cela qu'il est intervenu dans l'économie et par souci d'indépendance et de gloire nationale. Pas du tout parce qu'il croyait en les théories libérales. Pas plus qu'il ne faisait confiance en la construction de la CEE. L'échec de la constitution européenne, montre bien, d'ailleurs, que nombre de français ont, pour l'instant évité ce péril.

Pour finir, monsieur l'homonyne, je tiens à vous remercier pour cette réponse agéable et instructive, ainsi que monsieur Phocas pour la part éclairée de ses électeurs. je n'aurai jamais pu penser que cela puisse arriver.

Cordialement, Louis.

Écrit par : louis de noailles | 10/11/2008

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